• Comment installer un conseil consultatif doté d'une réelle plus-value ?
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Comment installer un conseil consultatif doté d'une réelle plus-value ?

05 février 2018

Pour bon nombre d’entreprises familiales, le conseil consultatif permet une première prise de connaissance avec les acteurs externes au sein d’un organe de concertation interne. En effet, contrairement au conseil d’administration, le conseil consultatif ne détient aucun pouvoir de contrôle ni de décision. Ce dernier a plutôt pour vocation de faciliter la prise de décision et de favoriser la professionnalisation de la structure de direction. Les membres familiaux doivent dès lors pouvoir lâcher du lest, car, c’est un fait, informer le plus complètement possible les membres du conseil consultatif sur un sujet précis ne peut se faire sans une certaine ouverture.

Les membres du conseil consultatif ne jouissent cependant pas encore de la transparence totale dont peuvent bénéficier les administrateurs indépendants du conseil d’administration. Ces derniers prennent des décisions en toute responsabilité, tandis que les membres du conseil consultatif n’émettent que des conseils avisés. Néanmoins, pour créer un conseil consultatif doté d’une réelle plus-value, la famille devra accepter de jouer cartes sur table. Du point de vue du contenu, le conseil consultatif ne doit pas se cantonner à la stratégie ou à la vision à long terme. Les aspects opérationnels, aussi, peuvent faire l’objet de débats. Lorsque le CEO souhaite obtenir un avis au sujet d’un investissement ou d’un contrat, par exemple. Pourquoi pas, après tout ? C’est lui qui aura, quoi qu’il arrive, le dernier mot.

Le conseil idéal

Le conseil consultatif peut-il effectivement créer de la valeur pour une société familiale ? Le conseil idéal serait composé de membres familiaux actifs au sein de l’entreprise, de conseillers externes dotés d’une expérience pertinente du secteur et/ou ayant réalisé un parcours compatible : par exemple des conseillers possédant des compétences dans des matières commerciales, financières ou dans un autre domaine que personne d’autre au sein de l’entreprise ne possède, ou trop peu. La diversité est capitale, puisqu’elle permet justement le débat et la création de valeur. Le conseil consultatif doit justement avoir pour vocation d’apporter de nouvelles perspectives. Il convient par ailleurs régulièrement de s’assurer que les membres du conseil demeurent convaincus de la plus-value de celuici. Leur rôle est-il conforme à leurs attentes initiales ? La composition du conseil répond-elle toujours au développement futur de l’entreprise ?

Le rôle du président est fondamental. Il garantit la bonne transmission des informations vers les membres et veille au bon fonctionnement du conseil. Il doit faire preuve de proactivité : fixer les rendez-vous  à temps, établir l’ordre du jour, transmettre bien à l’avance les informations relatives aux sujets à aborder. Choisir une date en évoquant les points de discussion ne suffit pas. Bon nombre de conseils consultatifs fonctionnent selon un ordre du jour annuel sur la base de thèmes précis : vision d’avenir et stratégie, résultats financiers et établissement du budget, politique du personnel, etc. Cette façon de procéder apporte de la clarté, sans empêcher de faire de la place pour des sujets actuels. Ces tâches peuvent sembler bien logiques pour le rôle d’un président, mais elles ont pour but, en pratique, de réaliser l’ambition du conseil consultatif. La famille se rend au conseil et y prête une oreille attentive aux acteurs externes (pas l’inverse).

C’est la seule façon d’accorder toute sa place au conseil consultatif dans sa mission de professionnalisation, pour, au bout du compte, parvenir au bon fonctionnement du conseil d’administration, composé  ’administrateurs indépendants.