Politique de retour au travail

La politique de retour au travail impose de nouvelles obligations aux employeurs dès le 1er janvier 2026.

People & Workforce colleagues
Parmi les priorités du gouvernement visant à maîtriser le budget, figure la réintégration des personnes en incapacité de travail de longue durée. Les changements législatifs projetés, destinés à favoriser le retour à l’emploi après une période d’incapacité, forment la « politique de retour au travail ». 

Une première loi, publiée au Moniteur belge, est entrée en vigueur le 1er janvier 2026. Parallèlement, un second projet de loi, déposé à la Chambre le 8 décembre 2025 et comportant certaines adaptations, est prévu pour une entrée en vigueur rétroactive au 1er janvier 2026. La politique de retour au travail englobe des dispositions applicables au travailleur en incapacité, au médecin traitant, au médecin conseil, au conseiller en prévention–médecin du travail et à l’employeur. 

Le principe central est d’orienter, dans les meilleurs délais, le travailleur en incapacité vers un emploi adapté. Durant la période d’incapacité, prise en charge par l’assurance maladie, il est examiné si l’ouverture d’un trajet de réintégration est envisageable. Le travailleur en incapacité qui ne se présente pas aux rendez-vous prévus dans le cadre dudit trajet s’expose à une perte totale ou partielle de son allocation. 

Quelles obligations dans le chef de l’employeur ?

Cotisation de solidarité

Depuis le 1er janvier 2026, l’employeur doit verser une cotisation de solidarité dès qu’un travailleur de moins de 55 ans est en incapacité de travail depuis plus de 30 jours. Cette cotisation s’élève à 30 % de l’indemnité d’incapacité due pendant le deuxième et le troisième mois d’incapacité. La principale exception concerne les petites et moyennes entreprises : cette cotisation n’est due que pour les employeurs qui occupaient en moyenne 50 travailleurs pendant une période de référence. En outre, aucune cotisation n’est exigible si le travailleur tombe malade au cours des 30 premiers jours de son embauche. 

Certificat médical

Votre règlement de travail contient-il une disposition permettant aux travailleurs d’être absents 1 jour sans certificat médical jusqu’à 3 fois par an ?  

Depuis le 1er janvier 2026, cette dispense de présenter un certificat médical pour le 1er jour d’incapacité peut être limitée à 2 fois par an. Le cas échéant, la disposition concernée doit être adaptée dans votre règlement de travail. La possibilité de déroger à cette dispense de certificat médical demeure si vous occupez moins de 50 travailleurs. 

Force majeure médicale

Depuis le 1er janvier 2026, la procédure de rupture pour force majeure médicale peut être engagée plus tôt. Auparavant, cette procédure ne pouvait être engagée qu’après neuf mois d’incapacité de travail ininterrompue. Depuis le 1er janvier 2026, elle peut être entamée après six mois d’incapacité de travail ininterrompue. La procédure reste, quant à elle, inchangée. 

Rechute

Pour les incapacités de travail survenant à partir du 1er janvier 2026, le délai de rechute est prolongé de 14 jours à 8 semaines. Concrètement, si un travailleur reprend le travail après une période d’incapacité et est à nouveau en incapacité dans les 8 semaines qui suivent son retour, l’employeur n’est pas tenu de lui verser un second salaire garanti — y compris si la rechute survient pendant une reprise progressive du travail. 

Obligations supplémentaires dans le cadre du trajet de réintégration
  • Un travailleur susceptible d’être en incapacité de travail peut demander à l’employeur d’examiner la possibilité d’un poste adapté ou d’une autre affectation. L’employeur examine cette demande et informe le travailleur de la suite qui y est donnée. 
  • Les employeurs doivent informer régulièrement les travailleurs de la possibilité de demander une visite de pré-reprise du travail auprès du conseiller en prévention–médecin du travail. Le travailleur peut, de son propre chef, solliciter cette visite auprès du conseiller en prévention–médecin du travail. Compte tenu des modifications réglementaires, la procédure relative à la visite de pré-reprise figurant dans votre règlement de travail doit être adaptée. 
  • Les employeurs doivent élaborer une procédure pour maintenir le contact avec les travailleurs en incapacité de travail. Cette procédure doit obligatoirement être incluse dans votre règlement de travail. 
  • Les employeurs sont tenus de demander au conseiller en prévention-médecin du travail d’évaluer le « potentiel de travail » d’un travailleur en incapacité depuis au moins 8 semaines. Si cette évaluation révèle que le travailleur a un potentiel de travail, l’employeur peut demander au conseiller en prévention-médecin du travail d’inviter le travailleur à une visite de pré-reprise du travail ou de démarrer un trajet de réintégration. 
  • Au plus tard 6 mois après le début de l’incapacité de travail, l’employeur occupant au moins 20 travailleurs doit demander au conseiller en prévention médecin du travail de lancer un trajet de réintégration pour tout travailleur en incapacité présentant un potentiel de travail. Le non-respect de cette obligation peut entraîner une amende.
Si vous avez des questions sur la nouvelle politique de retour au travail ou souhaitez adapter votre règlement de travail à la lumière des obligations précitées, n’hésitez pas à contacter :