Climat et économie vont de pair | BDO Trend Report

D’une simple obligation réglementaire à un avantage concurrentiel

Image ESG – des mains dans la nature
Les préoccupations climatiques perdent du terrain dans le débat public. Dans une enquête mondiale Ipsos, elles n’occupent que la neuvième place parmi les préoccupations des citoyens, derrière la violence, l’inflation et la pauvreté. Les attitudes varient également selon les générations : les milléniaux et les Baby-boomers considèrent le climat comme une priorité absolue, tandis que la Génération Z cite plus souvent les inégalités sociales comme principale préoccupation. 

Sur le plan politique, le Pacte vert européen a envoyé un signal fort, mais il subit aujourd’hui la pression des intérêts économiques. Les entreprises reviennent sur leurs ambitions climatiques. Les prix élevés de l’énergie compliquent la tâche de l’industrie européenne, qui cherche à être à la fois rentable et verte, et la tension entre les enjeux économiques à court terme et la durabilité à long terme se fait sentir dans tous les secteurs. 

Pourtant, la réalité physique du changement climatique ne ralentit pas. Et ses conséquences économiques deviennent impossibles à ignorer. 

Dans notre Rapport sur les tendances : Les entreprises en 2030, élaboré en collaboration avec le chasseur de tendances Tom Palmaerts, nous explorons les impacts de cette tension sur les entreprises belges. Et pourquoi les entreprises qui intègrent dès aujourd’hui la durabilité dans leur stratégie se construisent un avantage qui sera difficile à reproduire.

Le coût économique est déjà là

Le changement climatique n’est pas un scénario futur. Les vagues de chaleur, les sécheresses et les inondations qui ont frappé l’Europe durant l’été 2025 ont causé des pertes économiques estimées à 43 milliards d’euros. Et l’impact ne s’arrête pas lorsque le temps s’éclaircit. Des études montrent que la contraction structurelle qui suit les événements météorologiques extrêmes persiste pendant des années, affaiblissant les économies locales bien après la disparition des gros titres. 

Pour les entreprises, cela se traduit par des risques concrets : chaînes d’approvisionnement perturbées, infrastructures endommagées, hausse des coûts d’assurance et baisse du pouvoir d’achat dans les régions touchées. Il ne s’agit pas de menaces abstraites. Elles affectent la continuité des activités, la planification opérationnelle et la rentabilité à long terme. La question est de savoir si les entreprises gèrent ces risques de manière proactive ou attendent qu’ils se concrétisent. 

La durabilité passe de la conformité à un avantage concurrentiel

L’ESG évolue, et ce qui a commencé comme un simple exercice de reporting devient une nécessité stratégique. Les gouvernements, les investisseurs et les clients poussent les entreprises à intégrer structurellement la durabilité. Les entreprises qui le font en tirent des avantages mesurables : de meilleures performances, des profils de risque plus faibles et un attrait accru pour les talents. 

Cette évolution n’est pas uniquement européenne. À l’échelle mondiale, la croissance économique devient moins productrice de CO₂ à mesure que les entreprises trouvent des moyens de dissocier la productivité des émissions. De l’efficacité énergétique aux modèles circulaires, des nouveaux matériaux aux sources d’énergie renouvelables, la lutte contre le réchauffement climatique est également un moteur d’innovation et d’entrepreneuriat. Les entreprises qui agissent dès maintenant bénéficient d’avantages en tant que pionnières, et ceux-ci s’amplifieront avec le temps. 

Cela est également lié à la manière dont les entreprises redéfinissent la création de valeur au-delà des indicateurs financiers traditionnels, en intégrant le capital humain, l’impact environnemental et la résilience à long terme dans leur évaluation de la valeur organisationnelle. 

La dimension humaine du changement climatique

Cette discussion comporte une dimension qui va au-delà des bilans financiers. La migration climatique devient une réalité. Selon les projections, le changement climatique pourrait déplacer des centaines de millions de personnes d’ici 2050, et certains pays européens prennent déjà des mesures pour reconnaître officiellement les réfugiés climatiques. Pour les entreprises, cela recoupe les futurs marchés du travail, les changements démographiques et la responsabilité sociale des entreprises d’une manière que l’on commence seulement à comprendre. 

En Europe, le débat sur la compétitivité s’intensifie. Les prix de l’énergie, la pression réglementaire et le défi de l’écoresponsabilité, tout en conservant sa rentabilité, imposent des choix stratégiques difficiles, en particulier pour les secteurs industriels qui constituent depuis longtemps l’épine dorsale de la puissance économique belge et européenne. 

Ce que vous trouverez dans ce rapport

La section « Climat et économie » de notre Rapport sur les tendances va bien au-delà des tendances mentionnées ci-dessus. Elle comprend : 

  • des exemples belges concrets d’entreprises jonglant entre rentabilité et durabilité ; 
  • des signaux d’alarme concrets pour les dirigeants d’entreprise, accompagnés de recommandations concrètes couvrant l’assurance, la diversification de la chaîne d’approvisionnement et l’intégration ESG ; 
  • les analyses de l’équipe de durabilité de BDO sur les raisons pour lesquelles l’accent sur l’ESG passe du reporting à la gestion des risques physiques réels. 

Le rapport démontre que le climat et l’économie ne sont pas opposés, mais inextricablement liés. Et toute entreprise qui souhaite garantir sa pérennité doit agir dès maintenant. 

Cet article fait partie de notre Rapport sur les tendances : Les entreprises en 2030, une collaboration entre BDO Belgium et le chasseur de tendances Tom Palmaerts.