L’efficacité est le point de départ, pas la ligne d’arrivée
L’accent mis sur l’efficacité est compréhensible. Ceux qui utilisent l’IA aujourd’hui peuvent travailler plus vite, automatiser les tâches routinières et augmenter leur productivité. Mais lorsque toutes les organisations auront adopté ces outils, l’efficacité deviendra la norme, pas un avantage. La seule chose qui restera pour se démarquer, c’est la qualité.
Cela change complètement la donne. Si les entreprises remplissent les heures libérées par davantage de travail, le burn-out et les démissions seront au rendez-vous. Une étude de la Harvard Business Review le confirme. L’IA ne réduit pas la charge de travail, elle l’intensifie. Les employés travaillent à un rythme plus soutenu et assument davantage de tâches, ce qui peut entraîner une fatigue cognitive et une baisse de la qualité du travail.
Mais si les organisations utilisent ce temps pour la formation, une meilleure compréhension des clients ou le renforcement de l’esprit d’équipe, l’IA devient un levier de bien-être et de croissance. Le rapport pose deux questions d’une simplicité trompeuse qu’il vaut la peine de se poser chaque semaine : quelles sont les 15 minutes de votre journée que l’IA peut prendre en charge, et que ferez-vous de ce temps ? Et la deuxième question est peut-être plus importante que la première. La manière dont ce temps libéré sera utilisé déterminera les futurs avantages concurrentiels.
Les inquiétudes sont réelles et varient selon les générations
L’adoption de l’IA n’est pas perçue de la même manière par tout le monde. Une étude du Forum économique mondial montre que 35 % de la génération Z s’inquiète de l’impact de la technologie, contre seulement 8 % des baby-boomers. Les jeunes employés utilisent l’IA pour tout et en ressentent les conséquences plus directement, tandis que les générations plus âgées ont tendance à repousser ces effets dans le futur.
La situation présente également un aspect plus pointu. Une nouvelle génération de diplômés fait son entrée sur le marché du travail avec des mémoires académiques entiers rédigés à l’aide de l’IA. L’impact à long terme sur la pensée analytique et critique reste encore flou. Et avec 37 % des employeurs déclarant qu’ils préfèrent investir dans l’IA plutôt que dans de jeunes employés, il existe un risque réel de disparition des profils intermédiaires expérimentés dont les organisations ont besoin pour développer les futurs cadres dirigeants.
Mais tout n’est pas sombre pour autant. Si de nombreux emplois sont menacés, 170 millions de nouveaux emplois devraient voir le jour à l’échelle mondiale. La véritable question porte sur le timing : quand les anciens postes disparaîtront-ils et quand les nouveaux seront-ils créés ? Ce qui semble certain, c’est qu’une grande partie de la population active devra passer par la reconversion.
L’IA continue elle aussi d’évoluer
L’IA ne se limite plus à l’aide à la rédaction ou à la gestion de la boîte de réception. La prochaine étape est l’IA agentique : des collègues virtuels qui effectuent des tâches de manière autonome, allant de l’envoi d’e-mails au traitement des paiements. Et des usages entièrement nouveaux émergent, qui vont bien au-delà de l’efficacité. Le rapport présente un exemple d’utilisation de l’IA comme partenaire créatif dans le secteur de la construction.
Dans le même temps, cette technologie présente de réels inconvénients. Des études montrent que plus de la moitié des réponses générées par l’IA à des questions factuelles contiennent des erreurs, mais les utilisateurs vérifient rarement la source. La formulation semble convaincante, ce qui donne l’impression que le résultat est fiable – même lorsqu’il ne l’est pas. C’est pourquoi l’esprit critique reste essentiel, en particulier dans un contexte de consultance professionnelle.
Et puis il y a la question énergétique. L’IA fonctionne jour et nuit, même lorsque personne ne l’utilise. Les centres de données belges devraient consommer nettement plus d’électricité au cours de la prochaine décennie, en grande partie à cause de l’IA. Ce coût environnemental mérite une place dans le débat stratégique, au même titre que l’efficacité et la qualité.
Ce que vous trouverez dans ce rapport
La section « Le piège de l’efficacité de l’IA » de notre Rapport sur les tendances va bien au-delà des tendances mentionnées ci-dessus. Elle comprend des exemples concrets d’entreprises qui gèrent la tension entre efficacité et qualité, des réflexions du CEO et du Chief AI Officer de BDO sur la manière dont BDO investit délibérément le temps ainsi libéré dans un travail plus approfondi et dans les relations avec les clients, ainsi que cinq questions stratégiques que tout dirigeant d’entreprise devrait se poser dès maintenant au sujet de l’IA.
Le rapport démontre que l’IA peut améliorer la qualité de votre travail, de votre réflexion et de vos décisions. Mais seulement si vous l’abordez avec les bonnes questions et la bonne gouvernance.
Découvrez l’analyse complète
Cet article fait partie de notre Rapport sur les tendances : Les entreprises en 2030, une collaboration entre BDO Belgium et le chasseur de tendances Tom Palmaerts.